Origine du nom des lieux-dits

de Châteauneuf-Val-de-Bargis

Châteauneuf, le bourg - juillet 2003

 

 Hameaux, écarts et lieux-dits

- Asvins, hameau - Barbiers (les), hameau - Bazin, métairie - Bellary, ferme - Bellevue, ferme - Bergerie (la), hameau - Bertholier - Bonnetterie (la) - Bornets (les), hameau - Champboyard - Chamery, hameau - Château de la Tour (le) - Château (le) - Châtelet, ferme - Chaume, moulin, ferme et hameau - Chaumes du Lac - Crot-Ravard (le), ferme - Evêque (l') - Fonfaye, château - Fontenaille - Forêt (la), ferme - Girardine (la), hameau - Mont (le), hameau - Moulin (le), hameau - Moutonnerie (la), ferme - Poivrière (la), hameau - Pont (le), ferme - Potin (le), ferme et hameau - Prélong, ferme - Pressour (le) - Quatre-Rues (les), hameau - Rolande (la), ferme - Riault (les) - Saint-Hubert, hameau et tuilerie - Taules (les), hameau - Tresseux, hameau.

Les informations qui suivent sont tirées de l'Histoire de Châteauneuf-Val-de-Bargis et de la Chartreuse de Bellary de Lucien Charrault (1908), du Dictionnaire topographique de la Nièvre et de divers documents d'archives. Il a parfois fallu arbitrer entre des indications contradictoires.
Le nombre d'habitants, lorsqu'il est indiqué, est celui du recensement du 16 mai 1907 !

Asvins - Première mention en 1274 (Auveyns). Les chartreux de Bellary y détenaient un vignoble réputé. On y trouvait également une chapelle dédiée à saint Hubert. Le hameau d'Asvins abrita des générations de charbonniers (familles Livrain, Pauron...).

 Asvins en 1787 (document original et transcription)

Barbiers (les) - En 1538, le seigneur de Fonfaye baille à Guillaume Barbier un champ aux... Barbiers !

Bazin - Métairie située en face de l'église (8 hectares). Cette métairie fut donné par Guillaume de Seignelay, évêque d'Auxerre, aux chartreux en 1220. Les religieux la conservèrent jusqu'en 1791. Selon Lucien Charrault, cette métairie comptait 10 boisselées de pâture, 1 boisselée de jardin, 320 de terres labourables, un cheptel de 1 780 livres, acquis, le 28 février 1791, par Louis Bonnet pour la somme de 16 300 livres. A l'époque, le Bazin était affermé 900 livres. Voir la page du Bazin.

 Bail du fief de Bazin en 1751

 Enquête sur un domaine disparu : le Bazin

Bellary - Chartreuse fondée en 1209. 12 habitants. Ci-dessous le détail de quelques possessions de la chartreuse à la veille de la Révolution :

 Histoire de la chartreuse de Bellary

 Asvins (original et transcription)

 La Martellerie (original et transcription)

 Maison près le Grand Cimetière (original et transcription)

Blason de la chartreuse de Bellary

Bergerie (la) - Ancien domaine. - 10 habitants.

Bertholier - Première mention connue en 1709. Appartient en 1717 à Henri Gascoing, bourgeois.

Bonnetterie (la) - 7 hectares. Première mention connue en 1716. Appartient alors à Eustache-Laurent du Verne de la Varenne puis au seigneur de Fonfaye (1738). Tient son nom, sans doute, de ses premiers occupants. Bonnet est un patronyme plus que fréquent à Châteauneuf.

Bornets (les) - Première mention connue en 1720. Du nom, sans doute, de ses habitants. Primitivement : l'ouche Blond (autre patronyme fréquent).

Bourg - Plan du bourg en 1750 .

Bourg (le) - 5 hectares. Domaine appartenant à la famille du Verne de La Varenne.

Chamboyard - Première mention en 1232 (il est alors question d'une grange). Ancien domaine de la chartreuse de Bellary. - 5 habitants

 Une vente de terre à Chamboyard en 1296

 Bail de Chamboyard en 1750

Chamery - Première mention connue en 1132 (Chamarii) mais son étymologie paraît renvoyer à l'époque gallo-romaine : Camarius (nom gallo-romain) + suffixe acum. Seigneurs : Guillaume Le Muet (1438) ; Jacques de Chenu, en partie (1712) ; Balthazar de Rolland d'Arbourse, en partie (1713).

Armes de la famille Le Muet

Château-de-la-Tour (le) - Première mention connue en 1740. Il doit son nom au château féodal, autrefois bâti sur la motte qui domine le village. Il céda son titre à Vif, aujourd'hui Châteauneuf, et le surnom lui est venu d'un vieux donjon qui a subsisté jusqu'au commencement du XIXe siècle et dont les pierres ont aidé à la construction de la route nationale. On y trouve, en 1685, une chapelle en ruine, dédiée à saint Antoine. - 90 habitants.

Châtelet (le) - Première mention en 1184.

Le domaine appartient avant la Révolution à la chartreuse de Bellary. En 1742, il se compose ainsi : maison, grange, étable, bergerie, cour, jardin, chènevière, terres labourables et non labourables, prés et pâtureaux. En 1791, le Châtelet compte 12 boeufs de labour et 1 chatron, 5 mères vaches, 10 tauraux et taurets, 66 moutons, 1 truye, 8 nourrins (cochons à l'engrais), 3 juments dont une très belle...

 Bail du Châtelet (1742)

 Bail du Châtelet (1789)

Chaume - Seigneurs de Chaume : Louis d'Armes (1515), Jean d'Armes (1562).

Les archives font état d'une chapelle en ruine - dédiée à sainte Barbe - (1685), d'un moulin (1739) et d'une forge (dont l'existence remonte à 1515), cette dernière transformée au fil du temps en clouterie. En 1820, on dénombre encore à Chaume un forgeron, un marteleur et quatre cloutiers.

 Bail du domaine de Chaume (1743)

 Bail de la petite forge de Chaume (1751)

 Où il est question des ouvriers étrangers de la forge de Chaume (1758)

Armes de la famille d'Armes

Chef-Renard (le) - Mentionné en 1685. Fief, non localisé, appartenant au seigneur de Menou.

Crot-Ravard (le) - Domaine de 3 ou 4 hectares consistant en terres labourables et non labourables, prés, pâtureaux, maison, grange, écurie, cour, jardin, chènevière... En 1715, les bâtiments du domaine sont à moitié en ruine. Le premier seigneur connu est Edme Piquet (1675). En 1694, Pierre de Charry, seigneur de Giverdy, épouse la fille de feu Pierre Piquet et devient à son tour seigneur du lieu. Lui succède le marchand Jacques Caffard, époux de sa fille Madeleine de Charry (1715).

 Bail du Crot-Ravard (1746)

Armes de la famille de Charry

Evêque (l') - Première mention connue en 1660. Village dont le nom évoque le souvenir de l'ancien propriétaire, l'évêque d'Auxerre. - 35 habitants.

Fonfaye - Première mention en 1164. Quelques seigneurs de Fonfaye : Jean de Pignéol (1325), Jean Gamard (1380), Jean Le Clerc (1399), Jean Tenon (1655), Henri-Louis de Morogues (1656), Guy de Morogues (1689), François-Gabriel de Morogues ( 1762), Françoise-Léontine de Prunelé (1789)... On y trouve un château, une tuilerie...

Armes de la famille de Morogues

Fontenaille - Domaine de 5 hectares. Première mention connue en 1685. A pour seigneur en 1709 Jacques Tridon de Vermenou ; appartient en 1738 à Louis Poubeau, chirurgien, à Pierre Diamy en 1789.

 Bail de Fontenaille (1745)

Armes de la famille Tridon

Forêt (la) - Domaine de 10 hectares. Première mention en 1480. Appelée également "domaine des Guerrons" et, plus tard, "Forest-Mignotie" du nom d'un certain Jean Mignot ayant épousé une héritière du domaine. Appartient en 1738 au seigneur de Fonfaye.

Girardine (la) - Selon L. Charrault, c'est en 1520 que fut fondé ce hameau, par les frères Girard, fraîchement affranchis. Selon Romain Baron, ce hameau est à l'emplacement d'un fief détenu par un certain Girard de Méry (1384) - 39 habitants.

Moulin (le) - Mentionné dans une charte de 1230 (archives des Chartreux). Près du village était le moulin seigneurial et la chapelle de Saint-Hippolyte qu'on y invoquait contre la fièvre (en ruine en 1685). Les chartreux de Bellary et le seigneur de Fonfaye y ont des droits (1744). Le 29 novembre 1868, un arrêté du maire rendit à la circulation un sentier, jadis chemin rural, qui reliait le Moulin et le hameau du Château.

Apparemment, le Moulin relevait, au moins en partie, de la seigneurie de Fonfaye. - 39 habitants.

 Le Moulin, en 1826 (cadastre)

Moutonnerie (la) - Première mention connue en 1641. Domaine d'environ 7 hectares. A appartenu au seigneur de la Varenne (1716) puis au seigneur de Fonfaye (1735).

. Bail du domaine de la Moutonnerie (1735)

Poivrière (la) - Deux maisons situées sur le vieux chemin qui conduisait au château-fort ; habitées, en 1820, par des familles de bûcherons. - 4 habitants.

Pont (le) - Première mention connue en 1638. Seigneurs : Jacques Durand, avocat au parlement, conseiller du Roi, président du grenier à sel de La Charité (1680) ; Pierre Langlois de la Fortelle, abbé de Bourras, conseiller du Roi (1745) ; marquis de Pons, seigneur de Champlemy.

 Bail du domaine du Pont (1743)

Armes de la famille de Pons

Potin (le) - 14 hectares. Première mention en 1496. Avant la Révolution, le domaine appartient à la dame de Gobinot (1664), au seigneur du Verne de la Varenne (1705, 1716), au seigneur de Fonfaye (1718, 1751), à la famille Petit et notamment à la très active veuve Petit, Marie Germain (1703 / 1778), femme d'affaires de l'époque.

 Bail du Potin (1715)

 Cheptel du Potin (1716)

 Cheptel du Potin (1760)

Armes de la famille du Verne

Prélong - Première mention en 1296. Ancienne manoeuvrerie dépendant de la chartreuse de Bellary. Ferme abandonnée.

 Bail de Prélong (1741)

Pressour (le) - Première mention connue en 1609. Le hameau apparaît dans les archives sous différents noms : Pressoir, Bezour, Bessour... En 1694, le Pressour, qui constitue un fief, a pour seigneur Jean Gascoing, mousquetaire du roi (Louis XIV). Le 23 avril 1694, son frère, Guillaume Gascoing, seigneur de Demeurs (à Urzy, près de Nevers) et autres lieux, baille les terres du Pressour à Achille Jollivet, notaire royal résidant à Murlin. A la fin du XVIIe siècle, le Pressour englobe un autre fief : le Choulot (appartenant aux héritiers Durand). En 1789, le Pressour a pour seigneur Jacques Gascoing de Chaseault, officier à la suite des chasseurs de Hainault.

Armes des Gascoing

Sans risque d'erreur, on peut avancer que le nom de ce hameau vient du mot pressoir car on devait trouver à cet endroit le pressoir du seigneur. - 56 habitants.

 Bail du Pressour (23 avril 1694)

Quatre-Rue (les) - Première mention connue en 1680 - 1 habitant.

Reault (les) - Lieu-dit situé au bas du village de Chamery où se trouvent une ferme et une tuilerie appartenant aux chartreux de Bellary (le domaine couvrait 45 hectares).

 Bail des Reaux (1746)

Rolande (la) - Première mention en 1685. Le domaine (5 hectares de terres) doit sans doute son nom aux de Roland, seigneurs d'Arbourse. Il appartient aux religieux de l'abbaye de Bourras jusqu'à la Révolution. En 1791, il est mis aux enchères et acheté par un nommé Charles Gestat, de Varzy, pour la somme de 16 100 livres. On trouve, ci-dessous, le plan qui en est dressé à cette occasion.

 Bail de la Rolande (1743)

Taules (les) - Première mention en 1307. Ville Destaules, 1369 ; ville des Estaules, 1369 ; Estaules 1368. Robert de Prie tient ce fief de Roche d'Agoux (1301). Jeanne de Vallery, épouse en premières noces de de Jean d'Almays, l'apporte par moitié en mariage à Hugues, seigneur de Champ (1309). Guillaume des Barres, seigneur de Chasnay, en fait hommage (1333). Claude du Vernet, femme de Hugues de Villelume, vend des droits qu'elle a aux Taules au comte de Nevers (1408). Les Chartreux de Bellary possédaient la tuilerie qui est au bas du village (1748). On y mentionne, en 1349, l'étang du Poussot. - 117 habitants.

A rapprocher d'Etaules, dans l'Yonne. Selon Gérard Taverdet, il s'agit de la forme locale, bourguignonne, du mot étable, assez répandue dans les noms de lieux. On peut également envisager un possible lien avec le mot estoulles, restes du chaume après la moisson.

Autre étymologie : taule = tuile ! Le hameau des Taules aurait donc été pour les habitants de Châteauneuf un lieu où l'on produisait des taules, c'est-à-dire des tuiles. CQFD !

 Les Taules, en 1826 (cadastre)

 Tout ce qu'on sait de l'ancienne tuilerie des Taules

Tresseux - Maison des Trois-Sonnes, 1331 - Trois-Onnes, 1689... Etymologies proposées par de Marolles mais probablement erronées. Des vanniers (des tresseux) sont sans doute à l'origine du nom de ce hameau, qui, par ailleurs, abrita de nombreux sabotiers.

Il y a eu, à une époque indéterminée, un fort sur les hauteurs surplombant le domaine.

Seigneur en 1704 : prieur de Cessy-les-Bois.

 Bail du domaine de Tresseux (1704)

Nombre de ces hameaux formaient un demi-cercle autour du chef-lieu et constituaient jadis une ceinture protectrice pour la citadelle locale.

 

Annuaire des noms de lieux

* Annuaire des noms de lieux à Châteauneuf (mise à jour régulière)

 

Bibliographie et sources

- Histoire de Châteauneuf-Val-de-Bargis et de la Chartreuse de Bellary - Lucien CHARRAULT - Res universis - 1990

- Les différents noms de Châteauneuf-Val-de-Bargis - Romain Baron - Revue internationale d'onomastique - N° 4 - décembre 1968

- Dictionnaire topographique de la Nièvre - Georges de Soultrait

- Blasons empruntés et / ou créés pour Wikipédia

 

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Dernière mise à jour le 7 février 2017.

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