Le manoir de Chaume

 

De gauche à droite : l'ancienne ferme, la tour ronde, la tour carrée

© Cahiers du val de Bargis

 

Préambule

Chaume est l'un des hameaux composant le village de Châteauneuf-Val-de-Bargis (Nièvre).

Cette page recense tout ce qu'il a été possible de trouver sur ce hameau, son manoir, sa forge et son histoire.

Merci aux "emprunteurs" de photos et de textes de bien vouloir en indiquer la provenance par la mention suivante : © Cahiers du val de Bargis.

 

Histoire

- 1515 : Première mention de la forge

- 1758 : La manufacture royale de tôles emploie des ouvriers allemands.

- 1820 : Selon le recensement, on trouve à Chaume un forgeron, un marteleur et quatre cloutiers.

- 1872 : Le recensement n'indique que deux maréchaux-ferrants.

 

Seigneurs

- 1515 : Louis d'Armes

- 1562 : Jean d'Armes, terreur du pays

Armes de la famille d'Armes

© Cahiers du val de Bargis

 

Propriétaires

- 1643 : Simon Gallard, de Vézelay

- 1715 : Hubert Brotot, marchand, syndic de Châteauneuf

- 1721 : Nicolas Brotot, marchand

- 1753 : Jean-Henri Brotot, conseiller du Roi, lieutenant de l'élection de La Charité, marchand, maître de forge

 

Habitants du hameau

Au XVIIe siècle

- BIGOT Jacques, forgeron (1640) - BOULET Pierre (1684) - BOYAULT Jean (1683) - CABARAT Jean, meunier du moulin de Chaumes (1685) - CURET Simon, manoeuvre (1666) - DUMEZ Balthazar et Etienne, laboureurs (1625) - FOREIN Michel - GERMAIN Guillaume, asseron (1642) - GRILLOT Vrain, charretier (1640) - HUET Edme, marchand, & GALARD Marie (1670) - MACHEBOEUF Jehan, asseron (1625) - MALAPART Léonard, manoeuvre (1592) - MARQUER (?) Edme, maréchal (1618) - MIRON Michel, asseron (1642) - PANNETIER Jehan, meunier (1644) - PARIS Edme, maréchal, & NOURRY Etiennette (1644) - PARIS Germain, maréchal (1618) - PERREAU (?) Edme, maréchal (1642) - RAPEAU Jehan, maréchal (1640) - RAPEAU Pierre, maréchal (1683) - RAVISÉ Edme (1682) - RENIER Guillaume, asseron (1642) - REGNIER Pierre, asseron (1642) - RIGNY Pierre, forgeron (1684) - SAUVAGEON (?) Pierre (1645).

Au XVIIIe siècle

- BARDIN Antoine, forgeron (1745) - BERNASSE Mathieu, meunier (1678) - BITEUR Pierre (1750) - BORNET Jean, laboureur, fermier du domaine de Chaume, et LUZY Marie (1731 à 1749) - BOULAY Joseph, cloutier, maréchal (1709) - BROUTOT Hubert, marchand (1705) - BROUTOT Nicolas, marchand (1720) - CENDRE Louis, manoeuvre (1785) - CHAILLOU François-Grégoire, fermier de Chaumes (1772) - CHAILLOU Jean, charbonnier (1788) - CHAURY Jean, forgeron (1745) - COSSARD François et Nicolas, meuniers (1750) - DUCROT Pierre, meunier (1768) - DURAND Pierre, meunier (1755) - FRONT Antoine, manoeuvre (1750) - LARICHE Louis, maréchal (1757) - LEGENDRE Jean, marteleur (1755) - MARCHAIS Georges, forgeron (1745) - MATHIEU Jean, cloutier (1745) - MILLELOT ou MULOT, meunier (1760) - PARIS Jean, cloutier, & VILQUENAULT Eugénie (1788) - PARIS Michel, cloutier (1744) - PETIT Jean, marchand (1753) - POIRIER Michel, charbonnier, et VELU Louise (1744) - RAPEAU Pierre, maréchal (1683) - RAVISÉ Noël, cloutier (1674) - RICHET Bernard, tailleur (1712) - SURSAIN Marc, métayer (1753), laboureur (1755) - THURIAULT Marie, domestique (1736) - TIROUELLE Claude, maréchal (1755) - VAILLEU Pierre, forgeron (1788) - VILQUENAULT Pierre et Michel, fermiers (1760).

 

Moeurs

- 1750 : L'une des obligations des fermiers du domaine consiste à aller chercher et à reconduire Monsieur de sa résidence ordinaire de La Charité jusqu'à Chaume. Madame est également du voyage et elle arbore certainement le superbe chapeau de castor que les fermiers ont dû lui offrir...

 

Archives

- 1592 : Contrat de mariage d'un manoeuvre de Chaume

- 1625 : Contrat de mariage

- 1642 : Bail de la forge

- 1663 : Bail de terres

- 1721 : Inventaire après décès de l'ancien "syndic" de Châteauneuf

- 1721 : Contrat de mariage d'un forgeron

- 1743 : Bail du domaine de Chaume

- 1743 : Bail du moulin

- 1744 : Bail de la forge St-Hubert

- 1749 : Bail du moulin

- 1749 : Fin de bail

- 1750 : Bail du domaine de Chaume

- 1751 : Bail de la forge

- 1753 : Bail de la forge

- 1758 : Supplique pour être exempté de l'impôt

 

 

Le manoir

Siège d'un domaine agricole de 4 hectares, le manoir de Chaume n'était pas un édifice à vocation militaire même si l'épaisseur de ses murs permettait sans doute de résister à l'assaut d'une petite troupe pendant quelques heures.

X

Le manoir de Chaume est composé de trois éléments distincts : la ferme, la tour ronde et la tour carrée.

Les deux tours sont manifestement les éléments les plus anciens (XVe, XVIe siècles ?). La tour carrée, desservie par la tour ronde qui abrite un escalier pivotant, constitue le corps de logis, habité par un hobereau local.

La maison du fermier a semble-t-il été ajoutée plus tard. On remarque sur sa façade est une "fuie" (une volière).

Maison du fermier et soue

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La chapelle

En 1685, Châteauneuf reçoit la visite de l'évêque d'Auxerre. Celui-ci, dans son compte-rendu, mentionne l'existence de la chapelle de Ste-Barbe,"en ruine et sans fondation", au hameau de Chaume.

On invoquait sainte Barbe contre la mort subite.

Sainte Barbe, Robert Campin, 1438 (W)

Selon l'abbé Charrault, "la chapelle de la sainte se trouvait au milieu d'un bosquet sur les bords de la rivière de Nièvre presque à l'intersection des deux chemins, dont l'un, la rue des Trépassés, conduisait à Champlemy et l'autre à Nevers".

"La cloche [de la chapelle] avait été vendue dans le courant du XVIIe siècle aux gens de Chasnay. Ceux-ci durent (...) la rendre aux habitants de Chaume."

Emplacement supposé de l'ancienne chapelle de Chaume

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La rue des Trépassés

Deux explications à cette dénomination "poétique", la première semblant la plus vraisemblable :

- la présence d'un ancien cimetière à proximité (on trouve en Nivernais de nombreux tumuli),

- le passage sur ce chemin de convois mortuaires.

 

Le domaine et la forge St-Hubert

- maison de maître (le "manoir")

- métairie

- forge (2 feux)

- halle à charbon

- magasin

- écuries

- cour

- jardin

- chènevières

- prés

- terres (4 hectares)

- étang

- cours d'eau (Nièvre)

Vue ancienne (carte oblitérée en 1932)

 

Qu'y fabrique-t-on ?

- clous

- fer forgé

- harnais de labourage

- tôle

 

Quel revenu (annuel) ?

- 1750 : 80 livres

 

Les "asserons" de Chaume

Selon Romain Baron, historien nivernais, un "asseron" ou un "assiéron" était un ouvrier qui transformait la fonte en acier, tandis que le forgeron se contentait en principe de marteler la fonte pour en tirer du fer. Toutefois, cette nuance n'apparaît pas toujours dans les écrits des greffiers de l'époque qui qualifient indifféremment un même personnage, selon les actes, d'asseron ou de forgeron. On a souvent le sentiment que les deux mots sont synonymes, la forme "asseron" étant peu à peu tombée en désuétude.

À ce jour, la plus ancienne mention du terme "asseron" remonte à 1599 (Corvol-l'Orgueilleux).

Un maréchal dans sa forge - Louis Le Nain (XVIIe siècle)

 

Le moulin

Le moulin de Chaume est un peu à part dans la mesure où il appartient, en tout cas au XVIIIe siècle, aux seigneurs du village voisin d'Arbourse et non à l'occupant du manoir.

En 1743, le "loyer" annuel du moulin est d'un gâteau et de quatre poulets, auquel s'ajoute un loyer hebdomadaire d'un boisseau de blé et de trois boisseaux de mouture (mélange de grains).

Le moulin de Chaume en 2007

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Contributeurs

- Famille Coudret (Châteauneuf-Val-de-Bargis)

- André Devallière

 

Recherche

- Toutes vues anciennes du manoir

 

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Page créée le 17 novembre 2012. Dernière mise à jour le 11 février 2017.

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