Colméry, 1678 : État des lieux de la paroisse établi par curé Millot à l'attention de l'évêque d'Auxerre. S'agit-il de préparer une visite épiscopale ? (0)

Cote : G 1655 - Archives départementales de l'Yonne

 

1 - Estat de la parroisse de Colmery

2 - suivant le mandem[en]t de Monseigneur

3 - Premierem[en]t il y a dans laditte parroisse quatre cent cinquante

4 - communiants. Pour celuy des ames je n'ay pas encore le scavoir.

5 - Pour repondre à la seconde clause de l'article cinq, je n'ay

6 - point de plainte à deduire que celle dont j'ay informé Monseigneur

7 - et Mons[eigneu]r son official.

8 - Pour le temporel (1) respond le sousigné que le revenu se peut monter

9 - à la somme de quatre cent cinquante livres pour la perception

10 - annuelle qu'il faict, quoy qu'indivise avec Mons[eigneu]r le Prieur de

11 - Lepau, qui partage avec luy la plus saine partie de son revenu

12 - qui est en bled de 4. especes (2), vin, chanvres et agneaux.

13 - La cure est chargée d'une pention de sept vingt livres envers

14 - m[essir]e Jean Hanin cy devant curé.

15 - Et ce qui regarde l'article cy dessus dit encore que les s[ieu]rs

16 - prieurs de Donzy le Pré et Bourras percevent touts les

17 - dismes (3) de quelque nature qu'ils puissent estre dans deux des plus

18 - principaux ameaux de laditte parroisse, scavoir ledit s[ieu]r du Pré

19 - en celuy du Vauxdoizy et le s[ieu]r de Bourras en celuy de Chastelet

20 - dans l'enceinte duquel il y a eu une chappelle dediée à s[ain]t George

21 - dont il n'appert que les masures, qui estoit pourtant deservie de

22 - quelques messes suivant la tradition du vulgaire pour estre son

23 - revenu assez fort, tant pour l'entretien du s[ain]t sacrifice que de celuy de

24 - laditte chappelle.

25 - Le cimetiere n'est qu'a moitié renfermé.

26 - Le revenu de la fabrique est assez bien payé, qui se monte à

27 - la somme de trente huict sol (4) de rente annuelle.

28 - Les fabriciens ont rendu leurs comptes par devant Mons[eigneu]r le

29 - curé de Nenvignes (5) il y a environ quinze mois.

30 - Il y a des reparations à faire à l'eglise du moins pour quatre

31 - cent livres en ce que la tour qui supporte le clocher est dégarnie

32 - entierem[en]t d'entablem[en]ts (6). La muraille est toute ecorchée par dedans

33 - jusques aux voutes, et l'engive (7) qui suppote et soustient laditte tour

34 - est rompue la pierre estant gelée en sorte qu'elle est preste à tomber.

35 - La sacristie est tombée entierem[en]t et il convient recouvrir la moitié

36 - de l'eglise et relever quelques chevrons qui ont quitté le faiste

37 - comme aussy de regarnir le pignon qui est sur le portail de la

38 - ditte eglise d'entablements.

39 - Le presbitere est en assez bon estat pour les grosses repara[ti]ons.

40 - Il y en a quelques menuës à faire.

41 - Mon nom est Hubert Edme Millot curé depuis le

42 - neufiesme mars 1678.

 

H.-E. Millot

 

Document original : feuille n° 1 & feuille n° 2

 

Notes et vocabulaire

(0) - Par convention et pour en faciliter la lecture, le texte original a subi diverses retouches : ajout de majuscules aux noms propres, accents, apostrophes et autres signes de ponctuation indispensables à la compréhension ; développement des abréviations ; suppression des majuscules superflues ; séparation des mots accolés... En revanche, l'orthographe n'a pas été corrigée. Les mots entre parenthèses sont incertains.

(1) - temporel : Qui est du domaine des choses matérielles (par opposition à spirituel).

(2) - en bled de 4. especes : Froment, seigle, orge et avoine.

(3) - dismes (dîmes) : Impôt, fraction variable (autour du seizième en Nivernais) de la récolte prélevée par l'Eglise.

(4) - la somme de trente huict sol : Il faut sans doute ajouter à cette somme les droits de sépulture et le produit des quêtes.

(5) - Nenvignes : Ancien nom de Menou (avant 1696).

(6) - entablem[en]ts : Saillie qui est au sommet des murs d'un bâtiment et qui supporte la charpente de la toiture.

(7) - l'engive : L'ogive.

 

Colméry

Accueil

 Page créée le 15 novembre 2005. Dernière mise à jour le 6 octobre 2013.

© Cahiers du val de Bargis