Châteauneuf, 1789 : Constitution de communauté au Moulin dans un milieu de jeunes manoeuvres. (0)

Cote : 3 E 8 / 16 - Minutes du notaire Jean-Baptiste Bonnet (Châteauneuf-Val-de-Bargis)

 

1 - L'an mil sept cent quatre vingt neuf le

2 - septieme jour du mois de juillet

3 - furent presents François Coudret (1) m[anoeuv]re

4 - et à son authorité Eugenne Guyber sa

5 - femme et François Guyber aussy

6 - manoeuvre agé de vingt un ans ou environ

7 - procedant sous l'authorité (2) de Nicollas

8 - Guyber son pere laquelle authorité

9 - par luy acceptée tous demeurants au

10 - village du Moulain paroisse dudit

11 - Chateauneuf, lesquels Coudret sa femme

12 - et ledit François Guyber onts dit

13 - et declaré qu'ils voulaient demeurer

14 - ensemble pour y estre communs (3) par teste

15 - et portions egalles en meubles seulement

16 - laquelle communauté seroit composée

17 - de trois teste, sçavoir deux pour led[it]

18 - Coudret Coudret et sa femme et l'autre

19 - pour ledit François Guyber. Pour

20 - cet effet ils onts dit et declaré qu'icelle

21 - communauté commanseront

22 - ce jour d'huy pourquoy ils onts des

23 - à present mis leurs effets effets meubles

24 - qu'ils estime chacun la somme de

25 - vingt livres ce qui fait en tout

26 - la somme de soixante livres ; est aussy

27 - conveneu entre eux que le revenu de

28 - leurs immeubles ainsy que leurs travaux

29 - journaliers entreroient dans la ditte

30 - communauté ; et comme ledit Coudret

31 - et sa femme onts un coffre un lict

32 - un chasly garny de ses rideaux (4) et deux

33 - draps et qui leurs appartient seules

34 - iceux Coudret et sa femme lesquels lict et

35 - coffre comme ils sonts expliqués

36 - cy dessus n'entrant point dans lad[it]e

37 - communauté ; et lors de la dissolution

38 - d'icelle lesdits Coudret et sa femme

39 - les prelevront avant tout partage ;

40 - tout ce que dessus a esté stipullé

41 - et accepté par les dittes partyes

42 - qui m'ont requis le present acte

43 - par moy notaire au duché de

44 - Nivernois resident au bourg

45 - de Chateauneuf au val de Bargis

46 - les an et jour que dessus, presence

47 - de Philippe Picollet praticien

48 - et de Martain Vannereau

49 - couvreur temoins demeurants

50 - au bourg dudit Chateauneuf

51 - et onts les dittes partyes et ledit

52 - Vannereau declarés ne scavoir

53 - signer d'eux enquis et interpellez

54 - soit con[trô]llé.

 

Picolet - Bonnet (5)

 

55 - Controllé à Donzy le dix huit juillet 1789

56 - Reçu quinze sols six livres quinze sols.

57 - Guerin

 

 

Notes et vocabulaire

(0) - Par convention et pour en faciliter la lecture, le texte original a subi diverses retouches : ajout de majuscules aux noms propres, accents, apostrophes et autres signes de ponctuation indispensables à la compréhension; développement des abréviations ; suppression des majuscules superflues ; séparation des mots accolés... En revanche, l'orthographe n'a pas été corrigée. Les mots entre parenthèses sont incertains.

(1) - François Coudret : Originaire de Cessy-les-Bois, François Coudret épouse Eugénie Guibert le 27 juin 1786 à Châteauneuf. Il est alors mineur, c'est-à-dire âgé de moins de vingt-cinq ans.

(2) - sous l'authorité : L'âge de la majorité est alors de vingt-cinq ans.

(3) - pour y estre communs : L'existence de communautés dites taisibles (qui ne sont pas fondées sur un contrat écrit mais relèvent de la coutume) est un phénomène caractéristique du Nivernais sous l'Ancien Régime ; ces communautés se composent d'un nombre variable d'individus, généralement unis par des liens de proche parenté et dont le rôle ou la force de travail est évalué en têtes ; trois jeunes enfants, par exemple, valent une tête ; un homme dans la force de l'âge vaut également une tête ; dans toute communauté, il y a un chef ou un maître.

(4) - chasly garny de ses rideaux : Châlit ; charpente sur laquelle reposent le sommier et la literie. Les rideaux mentionnés permettent sans doute au jeune couple de s'isoler.

(5) - Bonnet : Né à Cessy-les-Bois, descendant d'une famille d'officiers seigneuriaux, le notaire Jean-Baptiste Bonnet (1710 / 1801) est certainement, au XVIIIe siècle, le plus en vue des notables de Châteauneuf. A l'exception d'une période de dix ans, pendant laquelle il habite à Nevers, paroisse Saint-Etienne, il y réside la plus grande partie de sa vie, dans une maison située face à l'église. Il connaît une longue et belle carrière, occupant successivement ou simultanément diverses fonctions : notaire royal, juge, fermier de la châtellenie de Châteauneuf, procureur fiscal, bailli de La Celle-sur-Nièvre, conseiller du roi, commissaire aux saisies réelles du Nivernais... Son petit-fils, Louis Bonnet, sera le premier maire de Châteauneuf.

 

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 Page créée le 19 mars 2011 - Dernière mise à jour le 19 mars 2011.

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