|
|
|
Châteauneuf, 1663 : Quittance de la redevance due sur le fief Bazin, appartenant alors à la famille de Menou : 2 sols 6 deniers, 2 poules et 4 boisseaux d'avoine par an. Cette quittance semble marquer l'épilogue d'un litige entre les parties. (0) Cote : ... - Minutes du notaire ... Archives départementales de la Nièvre
|
|
1 - J'ay receu de Guillaume Jannet et de Mathurin Bonet 2 - la somme de dix huict livres à quoy j'ay composé 3 - avec eux pour la redevence qu'ils me doivent 4 - à cause du fief Basin (1) de deux sols six deniers 5 - deux poules et quatre boisseau d'avoine par an 6 - de l'article des Charlois (2) et ce pour huict annés de la 7 - dicte directe (3) escheue à la St Martin mil six cent soisente 8 - un ... ... de l'anné qui est escheue à la 9 - St Martin (4) derniere et des frais fais d'execution sur 10 - les dessus dits qu'ils seront tenus payer, et moyennant 11 - la main levé (5) des choses saisis payent lesdits
frais 12 - fais lesquels dix huict livres cy dessus
le dit 13 - Jannet a recognu estre des deniers (6) dudit Mathurin 14 - Bonet faict le cinquiesme janvier mil six 15 - cent soisente et trois.
Menou Chiron (7)
16 - L'aquit cy dessus est pour 17 - dix huict livres. |
|
Notes et vocabulaire (0) - Par convention et pour en faciliter la lecture, le texte original a subi diverses retouches : ajout de majuscules aux noms propres, accents, apostrophes et autres signes de ponctuation indispensables à la compréhension ; développement des abréviations ; suppression des majuscules superflues ; séparation des mots accolés... En revanche, l'orthographe n'a pas été corrigée. Les mots entre parenthèses sont incertains. (1) - fief Basin : Le Bazin est (était) un domaine situé au coeur du bourg de Châteauneuf, face à l’église, s'étendant sur une vingtaine d’hectares : terres labourables et non labourables, prés, pâtureaux, jardin, chènevière... La culture principale est le blé. On y trouve divers bâtiments, dont un « grand corps de logis » où loge le fermier, une grange, une écurie, le tout ouvrant sur une cour et le « grand chemain » allant de La Charité à Varzy. Le corps de logis du Bazin est certainement l'une des constructions les plus importantes du bourg. Le domaine s'agrandit en 1751 d'une « chambre » dotée de tout le confort moderne (carrelage, vitres, cheminée, four, lavoir, cabinet de commodité...). Cette chambre est généralement louée. Le Bazin abrite également, au moins pendant quelques années, un cabaret (1738).
Selon l'abbé Charrault, l'évêque d'Auxerre fait don, en 1220, d'une vigne et d'une métairie situées à Châteauneuf aux chartreux de Bellary qui sont à l’origine, toujours selon l'abbé, du domaine du Bazin. On sait cependant que le domaine appartient en 1656 à la dame de Ménestreau puis, à la fin du XVIIe siècle au marquis de Menou, lequel le vend le 5 février 1700 aux religieux, qui le conservent jusqu'à la Révolution. Le 28 février 1791, le domaine du Bazin est acquis par Louis Bonnet, alors maire de Châteauneuf, pour la somme de 16 300 livres (prix de vente six fois inférieur à celui de la chartreuse de Bellary). (2) - article des Charlois : ??? Charlois est un nom que l'on rencontre à
Châteauneuf. (3) - directe : Redevances foncières sur les terres tenues à cens. (4) - St
Martin : 11 novembre. (5) - main levé : Il faut lire « mainlevée ». Une mainlevée est un acte judiciaire par lequel sont suspendus les effets de mesures prises à l'encontre d'une personne.
(6) - estre
des deniers : Appartenir à. (7) - Menou
Chiron : Armand-François de Menou
(1627-1703) est un noble et militaire français.
Marquis
de
Menou et de Charnizay (Indre-et-Loire), il est également le
seigneur de Nanvignes (ancien nom de Menou, Nièvre),
Saint-Michel (probab. Saint-Michel-des-Landes, Charnizay),
Prunay-le-Gillon (Eure-et-Loir), Obterre (Indre), Ménestreau
(Nièvre), Villiers (Nièvre), Colméry (Nièvre) et autres lieux.
Enseigne à 15
ans, Armand-François de Menou est ensuite colonel dans le
régiment de la reine-mère puis enseigne dans le régiment des
gardes françaises. Il participe à plusieurs batailles :
Stenay, Arras, Bordeaux et enfin Montmédy. Blessé au genou, il
se retire sur ses terres nivernaises de Nanvignes (1664). À
l’âge de 35 ans, il épouse Françoise-Marie de Clère (décédée
en 1737 à l’âge de 94 ans), fille d’un gentilhomme normand.
Onze enfants vont naître de cette union. En récompense
de ses faits d’armes, le roi Louis XIV érige Nanvignes
(Nièvre) en marquisat de Menou en juin 1697. C’est à Armand-François de Menou que l’on doit la construction du château de Menou, bâti de 1672 à 1681 à l’emplacement de l’ancienne demeure seigneuriale détruite par un incendie.
Armoiries de la famille de Menou
|
|
|
Page créée le 1er juillet 2025 - Dernière mise à jour le 1er juillet 2025.